Le président du comité des centres Leclerc a réagi ce lundi à la menace de Donald Trump de taxer à 100% les vins français importés aux États-Unis. Le président du comité stratégique des centres Leclerc appelle les entreprises françaises et américaines à mobiliser les élus Républicains afin de « raisonner » Donald Trump.
« Donald Trump devrait faire attention ». Michel-Edouard Leclerc, président du comité des centre Leclerc, a réagi ce lundi matin sur CNews aux nouvelles menaces du président américain Donald Trump sur la France.
Dans un entretien au New York Post, le locataire de la Maison Blanche a indiqué dimanche, la veille de l’ouverture du sommet du G7 à Évian-les-Bains (France), que si Paris ne supprimait pas sa taxe numérique de 3% sur les géants technologiques américains, Washington « n’aurait pas d’autre choix » que d’imposer des droits de douane de 100% sur les vins français.
« Je lui ai demandé (à Emmanuel Macron, ndlr) de ne pas taxer les entreprises américaines, et s’ils le font, je n’aurai d’autre choix que d’imposer un droit de douane de 100 % sur tous les champagnes et tous les vins importés de France », a déclaré Donald Trump. « Il lui suffit de supprimer la TVA, et il n’aura plus ce genre de pression. »
Cet ultimatum intervient à quelques heures de l’ouverture du G7, réunion annuelle de sept des démocraties les plus riches au monde, visant à établir les règles du commerce mondial, mais aussi de la politique économique et de la sécurité.
Donald Trump avait déjà menacé, en mars 2025, d’imposer des droits de douane de 200% sur le vin et les autres boissons alcoolisées importées de France et de l’UE, alors que les tensions commerciales transatlantiques s’intensifiaient. Finalement, des taxes de 15% avaient été mises à exécution. Certains vignobles y avaient tout de même perdu gros. Globalement, le marché américain représente un cinquième des ventes mondiales de l’industrie vinicole française (pour plus de 2 milliards de dollars par an, souligne le NY Post).
En janvier 2026, le président américain avait réitéré ses menaces alors que les tensions avec l’Europe et Paris s’intensifiaient autour du Groenland. Mais ces dernières n’ont, finalement, pas été mises à exécution.
« À force de nous menacer, il ne doit pas oublier qu’il y a 4.000 entreprises américaines en France »
Michel-Édouard Leclerc a invité Donald à « faire attention ». « En France, on aime les Américains et le mythe américain, et il ne s’en rend pas compte (…) J’espère qu’il va le comprendre. À force de nous menacer, nos vins de Bordeaux, nos vins de Bourgogne, il ne doit pas oublier qu’il y a 4.000 entreprises américaines en France. Nous sommes (l’Europe, ndlr) le plus gros marché du monde ».
Le président du comité stratégique des magasins Leclerc cite l’exemple du groupe américain Otis, pionnier mondial des ascensseurs et très présent en France. « Si il exagère trop, il faut que tous les entrepreneurs français mobilisent les entreprises américaines en France pour écrire aux Républicains américains afin qu’ils lui disent ‘mettez-là en veilleuse!' ».
Mais la France et plus largement l’Europe font-elles le poids?
Prudence quant à la baisse des prix
Michel-Édouard Leclerc s’est également montré « prudent » quant à cet accord entre les États-Unis et l’Iran, dont la signature est annoncée pour ce vendredi 19 juin. Lundi matin, le cours du baril de Brent (Europe du Nord) lâchait 4,4% à 83,45 dollars.
« Si vraiment ils font la paix, on va revenir à quelque chose comme 80 dollars le baril », souligne le dirigeant. « Pour que les prix baissent vraiment, il faut une réouverture totale du détroit, qu’il soit libre. Le prix des carburants va baisser au rythme de la libération des 1.200 pétroliers qui sont dans le golfe persique et qui devront repasser par le détroit d’Ormuz. »
« Mais ce qui me laisse perplexe, c’est la logique Trumpiste. Ils ont viré le président du Venezuela en disant aux compagnies américaines d’aller y forer, alors que cela coûte beaucoup plus cher qu’ailleurs. Ils ont privé la Chine et Cuba de pétrole. Et même au niveau européen, on n’a pas beaucoup entendu les pays du Nord, qui font beaucoup d’argent autour de la Baltique. Je ne sais pas trop quel est ce jeu de quilles de ‘qui entraîne qui?’ La géopolitique et le fric l’emportent sur la rationnalité ».
Plus largement, la consommation des Français est restée « atone » en début d’année selon le président du comité Leclerc. « Les Français ont un appétit d’équipements et de consommation qui est très fort, cela va repartir », souligne-t-il, en estimant, cette fois, l’inflation comprise cette année « entre 2,5 et 3,5% », contre 4% avait-il précédemment déclaré, en mai.
