Publié le14/08/2026 à 06h10


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Un séisme de magnitude 7,4 frappait la Colombie, le 10 août. Depuis, la diaspora colombienne d’Indre-et-Loire angoisse, prend comme elle peut des nouvelles des proches… Et réfléchit à un moyen d’envoyer de l’argent sur place pour aider les survivants et les secours.

Depuis trois jours, Valérie Eurdenis Baez vit dans l’angoisse. Franco-colombienne installée en Indre-et-Loire, elle reçoit des nouvelles parcellaires de ses proches restés au pays, trois jours après le séisme de magnitude 7,4 ayant touché le département du Chocó le 10 août. Avec déjà au moins 265 morts et des centaines de disparus, ce tremblement de terre est le plus meurtrier du 21e siècle dans le pays d’Amérique du Sud.

Le séisme a aussi endommagé les réseaux électriques et internet. « Je n’ai eu de nouvelles de ma famille que dix heures après le séisme, mon frère a pu se rendre au village de mon père pour vérifier que tout allait bien », explique Valérie Eurdenis Baez. Si son père a bien survécu et n’est pas blessé, son village a été très durement touché :

Sa maison est par terre. Il a 66 ans, est très malade du cœur. D’habitude, il a simplement du mal à trouver des médicaments, maintenant il n’y a carrément plus d’hôpital.

Valérie Eurdenis Baez, fondatrice de l’association Diaspora et pais Colombie-France

Joint furtivement en visio, en profitant d’un peu de réseau sur place, son père montre les dégâts impressionnants dans son village : toits éventrés, murs écroulés, amas d’objets divers et variés… « Toutes les affaires des gens sont dans la rue, même les jouets des enfants », constate-t-il. Si lui a pu trouver abri chez des amis, la mère de Valérie Eurdenis Baez a décidé de rester dans sa maison, dans un autre village. « Le sol est complètement fissuré… Mais elle dit que si elle doit mourir, elle veut mourir chez elle. »

Si la majorité des Colombiens sur place a pu s’en sortir, au moins 3 000 personnes ont été blessées, et de nombreuses personnes restent introuvables. « Il y a beaucoup de disparus, de gens qui crient encore sous les décombres », assure la Franco-Colombienne. Et les recherches se poursuivent inlassablement sur place.

Du moins dans les grandes villes, explique son amie Paula Martínez Takegami, jointe à Medellín. Selon elle, « dans les villages, les gens n’ont aucune aide de l’État ». « Ce qui est pire qu’un gouvernement d’extrême droite, c’est un gouvernement d’extrême droite qui gère une crise humanitaire », fustige-t-elle. Elle évoque « des gens qui sont en train de crever sous les décombres » tandis que « les secouristes y vont à main nue parce qu’ils n’ont pas d’outil ».

Valérie Eurdenis Baez demande régulièrement des nouvelles de sa famille, victime du séisme en Colombie.

Valérie Eurdenis Baez demande régulièrement des nouvelles de sa famille, victime du séisme en Colombie.

© Philippe Tanger / France Télévisions

Pour tenter d’aider comme elle peut les survivants, la communauté colombienne de Touraine (environ 250 personnes) espère compter sur la solidarité locale. À la tête de l’association Diaspora et paix Colombie-France, Valérie Eurdenis Baez a pris contact avec d’autres associations d’Amérique latine en Indre-et-Loire.

« On va se réunir lundi [17 août, NdR] à 18h au café Le Tourangeau à Tours, pour trouver des idées, voir comment se mobiliser, être le plus efficace possible. » Selon elle, la priorité est de rassembler de l’argent à envoyer via des associations déjà actives sur place, et court-circuiter le gouvernement. « Sinon, on ne sait pas si ça arrivera à destination… » Elle cite la Croix rouge comme exemple d’association cible. « S’ils m’entendent, ils peuvent venir nous retrouver lundi à 18h ! » Selon elle, le député (Les Écologistes) de Tours, Charles Fournier, l’a assuré de sa présence.

Propos recueillis par Mélanie Trachsler, Audrey Champigny et Philippe Tanger.